B) Les signes cliniques* de la maladie

 

1. Paludisme simple, paludisme grave

 

On distingue deux « types » de paludisme :

 Le paludisme simple. Il s’agit d’une infestation avec présence de symptômes) accompagnée d’une parasitémie palustre faible. Il fait suite à une infestation à parasite du genre Plasmodium vivax, Plasmodium ovale, Plasmodium malariae et Plasmodium falciparum.

 Le paludisme grave. Il s’agit d’un paludisme accompagné de signes de gravité et/ou de dysfonctionnement des organes vitaux. Il est engendré par l’ espèce plasmodiale Plasmodium Falciparum et, occasionnellement, Plasmodium vivax.

Ces deux types de paludisme n’engendrent pas les même symptômes et les mêmes mesures à prendre.

 

2. Les différents « accès »

 

On peut décomposer les signes cliniques de la maladie (les signes extérieurs, visibles, permettant d’affirmer d’un individu est atteint), en plusieurs « accès », correspondant à différents stades d’évolution du parasite :

  • Accès de primo invasion

Dans le cas d’un paludisme simple, les premiers signes de la maladie ne sont souvent pas significatifs, car non spécifiques. Ils se rapprochent de ceux que l’on peut rencontrer lors d’une maladie virale mineure.

Cet accès survient 8 à 20 jours après une première piqûre du moustique. Il se manifeste par :

-         une lassitude/fatigue,

-         des maux de tête,

-   une fièvre élevée,

-         des frissons,

-         une transpiration,

-         des troubles digestifs (nausées, diarrhées, vomissements),

Le malaise s’aggrave au cours du temps.

 

  • Accès rythmés ou récidivants

Ces accès sont caractéristiques du paludisme. Hors du contexte, ce sont eux qui permettent généralement de déceler la maladie.

Ils correspondent à une primo infestation non traitée. Il peut survenir plusieurs mois ou années après celui-ci.

Il se décompose en 3 phases successives :

-         Des frissons intenses

-         Suivis de pics fébriles (température corporelle de 40- 41°C)

-         Puis enfin arrivent des sueurs abondantes, précédant la disparition totale de la fièvre

Chaque accès, durant 6 à 8 heures, survient à intervalles réguliers:

- selon un rythme tierce : 1er, 3è et 5è jour pour le plasmodium falciparum, ovale et vivax,

- selon un rythme quarte : 1er, 4è et 5è jour pour le plasmodium malariae.

 

  • Accès pernicieux ou de neuropaludisme

Cet accès survient lors d’un paludisme à Plasmodium falciparum ; il peut correspondre à l’évolution d ‘un accès de primo invasion non traité. C’est l’accès le plus dangereux ; il fait toute la gravité du paludisme.

Il se manifeste par une crise convulsive, suivie d’un coma durant plus de 30 minutes.

 

De telles infestations ont, à long terme, des effets débilitants* sur les adultes, freinent le développement des enfants et nuisent, d’autre part, à leur scolarité.

À l’échelle locale, voire nationale, le paludisme occasionné constitue un réel frein au niveau économique, et au niveau du développement humain.

 

3. Paludisme grave

 

Les manifestations du paludisme grave diffèrent selon l’espèce plasmodiale mise en cause. On détaillera ici la cas du paludisme grave à Plasmodium falciparum, l’état le plus grave.

 

Les manifestations cliniques lors d’une infestation avec cette espèce plasmodiale comporte les signes cliniques suivants :

-         Prostration

-         Troubles de conscience

-         Détresse respiratoire

-         Convulsions

-         Œdème pulmonaire*

Dans certains cas, il arrive que le malade soit opisthotonique*(autre conséquence du neuropaludisme).

 

Au niveau biologique, on peut observer :

-         une anémie*

-         une hypoglycémie*

-         une insuffisance rénale

-         une hyperlactémie*

 

4. Quand il existe une maladie coexistante : le VIH (virus du SIDA)

  Le virus du SIDA est un virus transmis par le sang, le sperme et les sécrétions vaginales, infectant les lymphocytes* et engendrant une déficience du système immunitaire.

les personnes atteintes du virus du SIDA sont plus sensibles que la normale au paludisme et présentent des accès palustres aggravés.

Les effets du paludisme augmentent avec la progression du VIH : le taux de parasites dans le sang augmente, l’immunité de la personne atteinte est de plus en plus faible est de plus en plus faible et l’échec thérapeutique est élevé.

La connaissance insuffisante du virus pose aujourd’hui de nombreuses questions sans réponses, notamment au niveau de l’interaction des traitements antipaludiques et le VIH.

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